dimanche 12 février 2017

AFFAIRE THÉO : COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

___________________________________________________________________COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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En réponse aux violences policières dont a été victime Théo à Aulnay-sous-Bois,
Le Mouvement de LA PAIX appelle à LA JUSTICE !
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Nous condamnons les violences inadmissibles et humiliantes qui ont été infligées à Théo. Nous saluons le courage de Théo qui, depuis son lit d’hôpital et malgré sa souffrance, a trouvé les mots pour appeler à la non-violence les habitants de son quartier.
La multiplication des violences policières dans le pays et en particulier dans les quartiers populaires est insupportable. Nous dénonçons les causes d’une situation grave, caractérisée par la rupture du lien de confiance entre l’Etat et sa population, en particulier dans ces quartiers à savoir :
  • Le No Future (emploi, logement, indépendance) offert à l’immense majorité des jeunes des banlieues, en particulier en Seine-Saint-Denis (93).
  • La stigmatisation systématique des banlieues en ignorant tout ce qui s’y vit de positif dans le vivre ensemble et l’action associative.
  • L’affectation des missions policières sur des actions de répression sociale au détriment de la prévention et l’insuffisance des moyens des services publics dédiés à ces actions de prévention.
  • Les discriminations en termes de moyens dont souffrent certaines municipalités des villes de banlieues par rapport à Paris.

Dans le cas présent, à la violence effrayante dont a été victime Théo, s’ajoute une nouvelle injustice à l’égard de la jeunesse.
En effet, deux jeunes qui ont manifesté leur solidarité à Théo ont été immédiatement condamnés à six mois de prison ferme, à travers une justice expéditive sans qu’ils n’aient eu le droit à une défense.
En revanche, les policiers qui ont violenté Théo ont été remis en liberté même s’ils ont été mis en examen pour "viol par personne ayant autorité et violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique, avec arme et en réunion", indique un communiqué du parquet de Bobigny. Le deux poids, deux mesures est inacceptable.
La violence appelle la violence. À la violence économique structurelle du chômage et de la vie difficile, s’ajoute de plus en plus le racisme et la violence policière à l’encontre des jeunes et des habitants des quartiers populaires. Cette situation doit cesser.
Et au contraire, nous devons faire appel à la raison et à la paix lancé par Théo et ses sœurs qui rejoint l’injonction de Martin Luther King : « Une injustice commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier ». 
À Saint-Ouen, le 10.02.2017

Le Mouvement de la Paix

mardi 31 janvier 2017

Voter peut nuire dangereusement à votre « santé sociale »




Dire qu'il y a 50 années à peine, dans les années 1960, on parlait de « civilisation des loisirs » à venir avant la fin du 20ème siècle !
Quelques décennies auront suffit pour balayer la quasi totalité des conquêtes sociales issues de 1936 et 1945, faisant place à un recul de civilisation sans précédent, à une véritable déshumanisation de la société.
Parler alors de « déficit de démocratie », « d'arrogance des élites », de « crise du capitalisme », de « fossé entre citoyens et élus » relève de doux euphémismes, tant la réalité actuelle va bien au delà et nous prépare à une totale « ubérisation » de la société enfin débarrassée, au nom de la modernité, de tout lien social et de ses vieux principes d'égalité, de solidarité et de justice sociale.
L'avenir est à une société de femmes et d'hommes auto-entrepreneurs s'auto-exploitant, sans garantie et couverture sociales !
Mais en dehors de ceux qui restent sourds face à la colère qui monte, de ceux qui restent aveugles face aux dégâts causés par le système capitaliste, le libéralisme, et, ou de ceux qui restent muets par habitude de soumission, de « servitude volontaire », nombreux sont les travailleurs qui prennent de plus en plus conscience qu'ils sont la proie de véritables prédateurs agissant en toute impunité, et il faut bien le dire avec la complicité de tous les hommes politiques, de gauche comme de droite.

Pourquoi dès lors ne pas (s') avouer que le capitalisme a toutes les raisons de crier victoire quand il triomphe de toutes les luttes menées par le mouvement ouvrier depuis plus de 2 siècles ! Pourquoi se priverait-il de claironner quand le terrain des luttes est déserté ? Face au déchaînement patronal, quelle(s) centrale(s) syndicale (s) voudrait encore nous faire croire que les 8 % de travailleurs syndiqués en France sont en capacité de bloquer le pays ? En ont-ils la volonté et les moyens face aux répressions policières, à l'immobilisme de toute une société en « état d'urgence et d'errance » ?
Quelle centrale syndicale peut justifier, qu'à la place de la nécessaire globalisation des luttes, les corporatismes s'affichent à longueur de revendications divisant les travailleurs plus qu'ils ne les unissent ?
Et que dire de certaines de celles-ci :
  • FO qui se bat pour que les matons aient les moyens d'être encore plus répressifs dans des prisons surchargées où se côtoient petits délinquants, grand banditisme et individus relevant de soins psychiatriques !
  • la CGT qui se bat pour maintenir le fonctionnement de la centrale nucléaire de Fessemhein qui a largement dépassée sa durée de vie au bout de 39 ans !
  • Quant à la CFDT, le patronat sait qu'il n'a rien à craindre du « syndicat du stylo » pour la « défense du bien commun ». La CFDT ne trahit pas, elle poursuit sa mission originelle d'annexe du Vatican !
Ces réflexions n'ont pas pour objet de dénigrer l'action syndicale mais il serait temps, d'observer sans tabou, la réalité des fonctionnements de confédérations où la préservation de postes de permanents passe en priorité devant l'écoute, l'information, la formation et le soutien aux « militants de la base ».

Après ces premières réflexions, pourquoi ne pas (s') avouer également que le triomphe du capitalisme est d'autant plus éclatant qu'il est, en grande partie dû au soutien que lui accordent toutes les grands partis politiques dits républicains, y compris ceux issus du mouvement ouvrier ? Que les partis politiques de droite soutiennent le patronat, rien que de plus naturel dans la mesure où les élus de ces partis font partie pour l'essentiel des mêmes familles d'intérêts. Mais que les forces historiques de la « Gauche républicaine » agissent, quand elles sont au pouvoir, de la même manière que celles de droite pose un sérieux problème de compréhension !
Y a t-il un seul parti politique de gauche qui, arrivé un temps au pouvoir, ait tenté de remettre en cause le système capitaliste en condamnant par exemple la propriété privée des moyens de production, l'accaparement des richesses par une minorité etc. ? Aucun ! Jamais ! Aucun parti politique n'a jusqu'à ce jour affiché sa volonté d'abattre le système d'oppression économique qu'est le capitalisme, préférant nous faire croire qu'il était possible de « l'aménager », de « l'adoucir », bref, de « l'humaniser », alors que l'on sait parfaitement que « On n'humanise pas le capitalisme, on l'abat ! ». On ne peut qu'observer que les intérêts des hommes politiques sont les mêmes dès lors qu'ils sont au pouvoir : le garder et se servir plutôt que servir !
Normal quand on sait que les élus de gauche, ministres, sénateurs et députés sont en grande partie issus des mêmes écoles que leurs collègues de droite !
Normal alors qu'il ne se passe pas un mois sans qu'un nouveau scandale politico-financier ne vienne éclabousser tel élu de droite ou de gauche.
De plus, pourquoi ces hommes se priveraient-ils de piocher dans la caisse quand ils savent par avance la clémence de la justice à leur égard ! Au « pas vu pas pris » du petit délinquant de banlieue, résonne en écho le « vu mais pas pris », « vu mais amnistié » des hommes politiques !
Et que l'on ne me dise pas que disant cela, je verse dans un populisme d'extrême droite alors que je ne fais qu'énoncer une réalité qui devient de plus en plus énorme dans l'indifférence quasi générale !

Face à cette gigantesque supercherie qu'est la représentation politique, il faut bien repondre de temps à autre répondre aux quelques interrogations dans la tête du citoyen lambda. Il suffit alors à l'Etat de nous resservir régulièrement le « plat des élections », d'organiser à grand coup médiatique la « Grande mascarade électorale » , cette « Union sacrée citoyenne » où tout à coup le peuple aurait le pouvoir de changer les choses tout en ne changeant rien au menu principal !
Nous serions sauvés par les « Saintes urnes » ?
Amen !
Regardons un peu en arrière.
Depuis la dernière guerre mondiale, les français auront eu le droit de goûter au régime autoritaire du général de Gaulle, puis brièvement à celui de son dauphin Pompidou ; Après la « droite autoritaire », le centre tout aussi autoritaire avec Giscard d'Estaing, chassé du pouvoir par un certain Mitterand, paraît-il socialiste ! Deux mandats plus tard, la droite de plus en plus autoritaire revenait aux affaires avec Chirac puis le très décomplexé Sarkozy; enfin, miracle, la « Gôôôche socialiste » réapparaissait avec Hollande, paraît-il socialiste.
Les français auront vraiment tout essayé sauf l'extrême droite, vous savez « Le seul parti qui n'a pas besoin d'être au pouvoir pour que sa politique soit appliquée par la droite comme par la gauche » !
Si l'on remonte plus en arrière, plus de deux siècles sont là pour témoigner des permanentes trahisons des uns comme des autres : 1789, 1830, 1848, 1871, 1936, 1968, autant de périodes de notre histoire où pour réponses à leur volonté d'émancipation, les travailleurs ont subi les plus terribles des répressions.
Et à chaque fois, commandant les fusils il y avait des parlementaires !
Les décennies passées sont là pour rappeler que « Les urnes ne sont que le cercueil de nos illusions ! », que « Si elles servaient à changer quelque chose elles seraient interdites depuis longtemps ».

Il faut de sacrés trous de mémoire et une grande naïveté pour retourner à l'isoloir alors que l'on est systématiquement cocufié !
Comment expliquer autrement que par une vraie addiction relevant de soins médicaux, le fait d'aller encore voter quand en 2005 un Traité constitutionnel refusé par la majorité a fini par être imposé 2 années plus tard à Lisbonne !
Depuis que les élections, la représentation parlementaire existent, la règle est simple : dès lors qu'un parti politique, y compris de gauche, arrive au pouvoir, il « arrive aux affaires » et n'a pour seule promesse à tenir que celle faite aux puissants : ne rien changer !
C'est la définition même de l'Etat : un collège d'administrateurs qui protègent les biens des possédants et ne peut donc que criminaliser toute volonté d'émancipation.
Un exemple : de la même manière que les travailleurs qui ont osé déchirer une chemise ne sont pas jugés et condamnés par leur patron mais par l'Etat, c'est ce même Etat qui envoie les CRS pour tabasser les manifestants contre la Loi El Khomri !
Cette relation étroite entre Etat et capitalisme, la soumission du premier au second est scandaleusement absente de la majorité des critiques y compris celles venant d'intellectuels dits de gauche qui continuent de vouloir nous bercer d'illusions en laissant croire que tel personnage politique fera mieux que les précédents !
Faute de discours idéologique on fait appel aux majorettes médiatiques !
J'entends déjà la sirène républicaine appeler, au nom du « pacte républicain » à voter Fillon, Macron ou Valls, bref choisir entre des hommes de droite, pour faire barrage à Le Pen fille ! La politique du « moins pire » nouveau concept démocratique et républicain....durable (version écologiste) !

Le résultat des prochaines élections est déjà connu. Le vainqueur est le CAC40 !
Car la première tromperie consiste à faire croire qu'un élu décide quand on sait que plus de 75% de ce qui fait le quotidien des français est décidé à Bruxelles par des technocrates non élus par le peuple.
La deuxième tromperie réside dans le fait que les décisions prises sur les 25 % restant sont souvent à l'inverse des promesses électorales faites.
Pourquoi un élu politique se poserait-il des questions de conscience quant au respect de ses engagements quand il sait pertinemment qu'il n'a aucun compte à rendre ? Il fut un temps où des hommes ont essayé d'imposer le « Mandat impératif » histoire de limiter les abus de pouvoir.
Mais c'était avant !
Aujourd'hui d'ailleurs je me demande pourquoi dépenser l'argent public alors qu'il suffirait que gauche et droite alternent leur passage au volant puisqu'il s'agit de conduire sur la même route !
Quelle image extraordinaire d'une démocratie à l'agonie : la France est dirigée par des hommes, des partis politiques qui ne représentent, selon le type d'élections, que 5 à 10 % de la population ! Il y a un mot pour qualifier cette réalité : illégitimité absolue de nos gouvernants !
Et il y en a encore qui vont vouloir aller voter en 2017 ?

Oui des femmes et des hommes retourneront à l'isoloir parce que l'Etat les a convaincu que « faire de la politique est quelque chose de complexe », et que l'on « ne peut confier la gestion et administration des biens et des hommes qu'à des professionnels, des experts ».
Dans le moindre petit village, le maire vous dira qu'il reçoit chaque semaine plus de papiers, règlements, directives à lire, remplir et à signer qu'il n'y a d'habitants dans sa commune ! Quant au fonctionnement des communautés de communes, loin d'être des lieux de fonctionnement démocratique, ce sont des lieux de pouvoir où des hommes non mandatés prennent les décisions les plus importantes !
Au bout du compte, à tous les étages de cette pseudo « démocratie aux valeurs républicaines bien de chez nous », les élections sont là pour nous dessaisir de nos vies, de nos capacités à nous gérer nous-mêmes.
Nous sommes considérés tels de grands enfants devant encore croire au « Père Noël électoral ». L'Etat cherche à nous faire croire qu'il suffit de glisser un papier dans l'urne, comme la liste de cadeaux dans les chaussures au pied du sapin, pour rêver que nous avons un rôle à jouer en allant voter.

L'histoire est pourtant là pour rappeler que toutes les tentatives d'émancipation se sont déroulées en dehors du terrain électoral, se sont menées par le peuple dans la rue, par les travailleurs dans leurs usines.
Seule la réappropriation peut nous délivrer de l'oppression capitaliste et étatique.
En 1871, lors de la Commune de Paris, comme dans l'Espagne de 1936, les femmes et les hommes surent s'organiser, collectiviser et s'autogérer. Malgré les erreurs et dans des situations de guerre, de trahisons de partis de gauche, ces expériences ont prouvé que les travailleurs, citoyens étaient en capacité de changer le monde !
L'expérience a aussi malheureusement montré qu'à chaque fois des hommes sortaient du bois, s'autoproclamant « Sauveur suprême », « Avant garde éclairée du prolétariat » etc.

Si il y a une leçon à tirer de tout cela, c'est bien la nécessaire vigilance des travailleurs face aux tentatives d'abandon, de trahisons, en particulier de ceux qui sont censés les représenter.
Il suffit de regarder l'Espagne et la Grèce d'aujourd'hui où des « Gourous de circonstance », néo-marxistes pour la plupart ont très vite montré pour quels intérêts ils oeuvraient en réalité.
Jean Luc Mélenchon qui se déclare l' « insoumis de service » après une vie politique commencée au biberon trotskyste avant d'aller à la soupe socialiste est-il crédible ?
Mon choix est depuis longtemps fait : je n'irai pas voter aux prochaines élections ! J'engage le maximum de femmes et d'hommes à faire de même. Dès aujourd'hui il nous faut travailler à convaincre autour de nous pour que l'abstention soit l'unique réponse au carnaval électoral, à la parodie de démocratie que certains voudraient d'ailleurs rendre obligatoire !

Le mot d'ordre d'abstention massive ne suffit pas. Il doit immédiatement être accompagné de manifestations dans les rues, d'occupations dans les usines et dans tous les lieux de décisions. Il est grand temps de faire monter la pression, qu'enfin puissent être entendus les millions de femmes et d'hommes qui n'en peuvent plus de cette société là et qui refusent d'avoir toujours des imposteurs au bout de leur bulletin de vote.
Il n'y a pas de sauveur suprême dit la chanson. Sauvons-nous nous-mêmes !
Il est temps de dire non à la « servitude volontaire »


Ni dieu, ni maître

lundi 19 décembre 2016

Dans le silence des mass-médias occidentaux, la révolte gronde en Grèce et la résistance s'amplifie


 
Dans le silence des mass-médias occidentaux, la révolte gronde en Grèce et la résistance s'amplifie. Après un mois de novembre très agité (cf. mes messages précédents) et des craintes de troubles qu'auraient fait remonter les services de renseignements grecs fin novembre, les manifestations et affrontements se poursuivent en ce mois de décembre 2016, avec en points d'orgue, des émeutes dans plusieurs villes ce 6 décembre(1), plusieurs actions de sabotage et une nouvelle grève générale ce 8 décembre amplifiée par plus d'une semaine de grève totale du trafic maritime provoquant rapidement un début de blocage de l'économie ces derniers jours.
 
Autre désinformation : les dirigeants européens racontent partout que la Grèce va mieux, ce qui sous-entend que l'austérité est un remède efficace contre la crise économique et sociale. Ils évoquent à la fois une baisse du chômage et une hausse de la croissance, parmi les grandes nouvelles saluées par des éditocrates.
 
Baisse du chômage en Grèce ? La bonne blague ! Au contraire : le chômage de longue durée (plus d'un an), celui qui n'est pas indemnisé ni pris en compte, poursuit sa hausse vertigineuse et continue de faire d'innombrables victimes. En plus, des centaines de milliers de Grecs se sont exilés, dont une majorité de jeunes qui, par conséquent, ne pointent plus en Grèce. Pour finir, ceux qui parviennent à trouver du boulot sont payés encore plus mal qu'avant. Les salaires sont en chute libre et les contrats (quand il y en a) sont précaires. On se rapproche petit à petit des emplois journaliers d'autrefois, à une époque où les ouvriers ne savaient pas si on leur donnerait du travail le lendemain. C'est beau le libéralisme.
 
D'où la même remarque sur la croissance : oui, c'est vrai, sur le papier, La croissance revient en Grèce, mais à quel prix ? La destruction des conquis sociaux, une précarité violente, toujours plus de drames et de situations épouvantables, des anciennes maladies qui réapparaissent, des enfants en état de malnutrition, des retraités qui ont cotisé toute leur vie et qui peinent à se loger et à se nourrir. Une croissance au prix de nombreuses expulsions et saisies de maisons particulières contre lesquelles des collectifs résistent et vont jusqu'à bloquer les tribunaux(2). Une croissance dopée par la grande braderie du bien commun, puisque tout est à vendre en Grèce, et par les grands travaux inutiles et nuisibles : extractivisme, plages bétonnées, complexes hôteliers insensés(3), mutation agricole chimique et dévastatrice… Une croissance des grands portefeuilles, puisque les plus riches sont encore plus riches au détriment de tous les autres : humains, animaux, territoires. Une croissance ? Non, un pillage et une calamité.
 
Ces mensonges (sur les résultats de l'austérité) et ce silence (sur nos résistances) conduisent à faire croire que telle est la voie à suivre, en cas d'épreuve. Les dirigeants politiques qui, en France, ont cassé le code du travail et se préparent à faire pire, notamment contre la sécurité sociale(4), pourraient un jour se targuer : « L'austérité, il n'en faut pas trop, bien sûr, mais en remède de cheval, même dans une situation désespérée comme en Grèce, vous voyez bien que ça marche ! »
 
Faux. L'austérité, ça ne marche pas. Les experts qui nous administrent des saignées depuis des années, comme les médecins de Molière au XVIIe siècle, ne font que déplacer la richesse vers les mêmes mains, au détriment de toutes les autres.
 
Oui, je sais, Tsipras a osé déclaré le 15 décembre à Berlin : « La crise grecque appartient définitivement au passé »(5). Mais, allez vous encore le croire, un an et demi après sa capitulation ? Non, bien sûr, car vous savez ce qui s'est passé depuis le 13 juillet 2015 : une politique de collaboration insupportable. Tous ceux qui, en France, ont choisi de ne plus soutenir sa stratégie depuis lors et de prendre leurs distances ont bien fait. Le théâtre n'a que trop duré. Et nous le savons plus que jamais : en face, nos tyrans ne lâcheront rien, sinon quelques miettes de circonstances pour manipuler l'opinion, à grand renfort de mise en scène. Parallèlement, ils continueront à montrer du doigt des boucs-émissaires (insurgés, réfugiés, militants syndicaux, fonctionnaires…) pour essayer de détourner les regards de leurs agissements en faveur d'un pouvoir toujours plus autoritaire et d'un capitalisme encore plus violent.
 
Dans ce contexte de mobilisation et de convergence de luttes, nous faisons appel à vous, car l'année qui s'annonce va être cruciale.
 
Premièrement, nous organisons une nouvelle collecte de fournitures à destination des initiatives solidaires autogérées en Grèce qui en ont besoin (celles que nous vous avons présentées dans nos films, pour la plupart). Autrement dit, il ne s'agit pas d'actions « pour » mais « avec » la population grecque en souffrance et « avec » les réfugiés, dont la majorité fuient la guerre en Syrie. La liste des besoins, fixée avec nos camarades sur place, est ici.
 
Deuxièmement, après Ne vivons plus comme des esclaves (6) et Je lutte donc je suis (7), nous commençons à préparer un troisième film (toujours en creative commons, gratuit sur internet et à but non lucratif) qui sera également en soutien aux initiatives solidaires autogérées. Si vous voulez en savoir plus et, éventuellement, nous aider, c'est là.
 
Courage pour l'année à venir. Tenez bon et comptez sur nous pour résister simultanément à l'autre bout de l'Europe.
 
La lutte continue, en Grèce, en France et ailleurs, dans notre diversité qui fait notre richesse et notre force.
 
Solidairement,
 
Yannis Youlountas
 
(1) Des affrontements ont eu lieu ces derniers jours dans une dizaine de villes, notamment à Thessalonique et surtout à Athènes le 6 décembre :

(2) Lire à ce sujet, l'interview de Filippos Filippides du comité « Vente aux enchères STOP » par Eva Betavatzi du CADTM.

(3) Par exemple, le site d'Hellinikon à Athènes (où de nombreuses initiatives autogérées sont implantées) : bientôt transformé en mini Quatar pour la haute bourgeoisie sur un immense terrain acheté pour moins du dixième de sa valeur. Voir la vidéo

(4) Voir à ce sujet l'excellent film de Gilles Perret : La Sociale.

(5) Sources en langue française : Reuters, Rfi... Déclaration qui a évidemment provoqué un tollé en Grèce !

(6) Film Ne vivons plus comme des esclaves (2013) : gratuit en intégralité ici (n'hésitez pas à partager ou même profiter des fêtes pour le visionner en groupe et susciter la discussion).

(7) Film Je lutte donc je suis (2015, nouvelle version novembre 2016) : gratuit en version longue ici (n'hésitez pas à partager ou même profiter des fêtes pour le visionner en groupe et susciter la discussion).

vendredi 16 décembre 2016

Le pouvoir des petites mains

Résultat de recherche d'images pour "les petites mains du capitalisme"

Que serait l'État sans ces dizaines de milliers de « petites mains » qui dans toutes les administrations, du local au national, sont chargées d'exécuter les directives politiques, sans se soucier bien évidemment des conséquences de ces directives sur la vie des citoyens : une « petite main » dès lors qu'elle est au travail n'appartient plus à un citoyen mais à un fonctionnaire chargé d'exécuter les ordres, non de penser et encore moins de les remettre en cause.
Ken Loach dans son dernier film « Moi, Daniel Blake » montre comment, une hôtesse d'accueil, une conseillère au pôle emploi, un agent de sécurité, isolés chacun dans leur rôle, ne faisant qu'appliquer des règles, sans discernement, participent à la négation de l'individu, à son humiliation allant jusqu'à sa destruction.
En quoi ces « petites mains » sont-elles responsables de la mort de Daniel Blake ? J'ai entendu dire à la sortie du cinéma : « La faute est à ce système ultra libéral !». Oui, certes, mais un système ne peut fonctionner que si il y a des hommes pour le faire fonctionner !
Bienvenue au pays de Kafka !
Ainsi, dans tous les « Pôle emploi » de France et de Navarre, les « petites mains » ont 15 minutes pour évaluer les documents concernant tel ou tel chômeur et décider des suites à lui donner. Un quart d'heure pour faire quelques photocopies, rechercher sur un ordinateur les dernières informations relatives à l'application des dernières règles d'attribution des droits, cocher les cases d'évaluation de la fiche B-12 de mars 2008 modifiée en juin 2015, et enfin, remplir le formulaire PE-6. Au bout de cette fiche, cela peut être la décision de diminution ou de suppression des indemnités, pire, la radiation de l'immatriculé en question, Monsieur Dupont dans le civil.
La multiplicité des formulaires est là pour bien sûr palier l'absence de vraies relations. Fin de l'histoire !
Les quotas de radiation sont respectés par l'agence, qu'importe que la décision soit infondée, injuste pour Mr Dupont ! Et si celui-ci, à la réception du courrier lui annonçant les bonnes nouvelles, décide de mettre fin à ses jours, rassurons-nous personne n'est responsable. C'est le système !
Bien pratique cet anonymat qui exonère les « petites mains » qui font tourner la machine, parfois avec zèle. Certains diront : « Elles n'ont fait que leur travail ! » ! Bien sûr, comme le chef de gare qui aiguillait les trains vers Auschwitz !

Hier comme aujourd'hui, l'État a bien compris tout l'intérêt de l'application dans ses administrations du concept d' « Organisation Scientifique du Travail » pensé par Frederick Taylor : le salarié exécute le travail pensé par d'autres (verticalité), travail décomposé en tâches simples éliminant toute réflexion et perte de temps inutiles à la rentabilité (horizontalité).
De la même façon que le Taylorisme avait pour but la division du travail afin d'obtenir le rendement maximum dans le cadre d'une production de masse, l'organisation administrative de l'État consiste à parcelariser au maximum la réalisation de son projet global au service du capitalisme.
Ainsi chaque « petite main » n'est informée, formée qu'à l'exécution d'une toute petite partie du projet global. Elle n'est pas censée avoir connaissance de celui-ci, encore moins d'avoir conscience des enjeux et conséquences sur la vie des citoyens. Qu'adviendrait-il alors de l'État si les « petites mains » conscientes de la responsabilité que l'État leur fait porter se mettaient tout bonnement à refuser de jouer le jeu ?

Pour éviter ce risque il suffit à l'État de s'appuyer sur les tendances naturelles et profondes de l'homme, à savoir son égocentrisme, son désir de soumission allié au désir de soumettre autrui considéré plus fragile. A l'inverse le désir de solidarité n'est en rien inné chez l'homme. Plus les périodes de crises s'accentuent et plus l'individualisme fleurit sur un terrain privé de tout lien social, de désir de solidarité. Pour être solidaire des autres, encore faut-il se reconnaître dans l'autre ! Voir dans l'autre le même exploité que soi. C'est cette conscience là qui permet d'acquérir la conscience de l'appartenance à une classe, la conscience de classe et donc l'envie de lutter collectivement.
Il fut un temps où les bourses du travail, les premiers syndicats permettaient la formation des travailleurs, l'acquisition d'une vraie culture ouvrière.
Place aux générations sans culture du passé, sans repères d'avenir si ce n'est consommer toujours plus d'objets inutiles.
Le Système impose sa loi et la fait appliquer par ses « petites mains ».
Et si il arrive que celles-ci soient saisies de troubles de conscience, de compassion envers les victimes du système, elles n'auront qu'à donner de leur temps dans les organisations caritatives, faire oeuvre de charité à défaut de justice et d'égalité !
Comble de l'ironie, ces « petites mains » retrouveront aux « restaurants du coeur » les anonymes qu'elles ont participé à virer par le pôle emploi de leur commune !
Mais le plus terrible n'est-il pas de savoir que certaines de ces « petites mains » continueront dans ce temps de bénévolat à appliquer les décisions prises par d'autres. Comme au bureau, à nouveau ficher, sélectionner, trier, cocher ! Comme au bureau faire respecter les consignes et les critères élaborés par d'autres. Au bout, décider de l'octroi ou non de deux paquets de nouille et d'un pot de yaourt !

La vraie force de l'État est là : faire en sorte que des dizaines de milliers de femmes et d'hommes participent au grand projet d'aliénation, et faisant le déni de leur propre exploitation.
La force du système est bien là, « amener des millions de pantoufles, par leur silence, à légitimer les bruits de bottes ».

Alors la solution ?

Oui, je sais, ce billet est assez désabusé, c'est la faute à Kafka 

vendredi 2 décembre 2016

les Communards réhabilités



Bonne nouvelle: les Communardes et les Communards réhabilités
Suite au vote, hier soir de la réhabilitation des communards par l'Assemblée Nationale, voici :



Le lien vers le compte rendu intégral de la séance :
http://www.assemblee-nationale.fr/14/cri/2016-2017/20170063.asp#P919070



Vive la Commune