dimanche 26 mars 2017

C'est vous qui faîtes tourner le monde, svp, arrêtez de vous suicider!

https://youtu.be/FPMOMhlDRjo





Correspondants cheminots
Non, la chronique ne s’est pas perdue dans les tuyaux de la Maison de la Radio, comme l’indique la page d’erreur sur France Inter, la vidéo a bel et bien été retirée par la rédaction. Nous la republions sans la mention des noms des responsables SNCF.
La comédienne Audrey Vernon avait défrayé la chronique ce vendredi 17 Mars, en revenant sur les circonstances du suicide d’Edouard Postal, cheminot réprimé par la direction qui s’était donné la mort quelques jours plus tôt et pour lequel des centaines de cheminots s’étaient donné rendez-vous le mercredi 15 mars, gare de Paris Saint Lazare pour un hommage émouvant. Elle revient dans sa chronique sur les difficultés des travailleurs du public, dans la santé, les Télécom, la Poste ou la SNCF. Elle dénonce cette série noire de suicides, qui cache le passage en force des suppressions d’emplois et autres réorganisations ou privatisations que vivent les travailleurs au quotidien. 


Après les suicides, les répressions antisyndicales assumées, voilà que la SNCF joue un rôle troublant dans le retrait par France Inter de cette chronique de 2min25 d’Audrey Vernon, sur une radio pourtant dite publique. 
Sa chronique est comme un bol d’air frais dans ce paysage médiatique, qui d’habitude préfère mépriser et traiter les travailleurs qui luttent, comme des voyous. Ou bien encore qui essaye de faire passer l’acte d’Edouard, comme l’acte d’un déséquilibré psychique, en omettant de faire le rapprochement entre suicide et répression. Les cheminots avaient largement aimé et partagé sa chronique, pour sa véracité et surtout pour toute l’émotion qu’elle suscite dans ses mots soigneusement choisis.
Alors pourquoi avoir mis la pression sur la radio pour que ce billet d’humeur soit retiré ? 
Le problème serait-il venu de la dénonciation que fait Audrey des 3 dirigeants de Paris St Lazare, citant leur nom publiquement ? Mais cette dénonciation est juste car c’est bien cette politique, pensée dans les plus hautes sphères de la SNCF et appliquée par les dirigeants d’établissement, la responsable de ce qui se passe aujourd’hui à la SNCF. Les dirigeants d’établissement qui avaient engagé les poursuites disciplinaires contre Edouard Postal devraient donc être amenés devant les tribunaux.
La SNCF, très embêtée par cette chronique, après le suicide d’Edouard Postal le 10 mars, puis celui de Frédéric Hein, cheminot de Mulhouse, jeudi 16 Mars, entame une démarche de nettoyage de la communication. Car plutôt que de faire son mea culpa en prenant toutes les mesures nécessaires pour arrêter cette série infernale de suicides et de répression antisyndicale, la SNCF essaye maintenant de limiter la liberté d’expression des journalistes. Cela arrive après que la direction ait mis en garde l’ensemble des cheminots sur les réseaux sociaux, en conseillant de faire attention aux termes employés, et de ne pas critiquer l’entreprise publiquement, sous couvert toujours de ce fameux code de déontologie, qu’elle sait utiliser comme bon lui semble pour réprimer les militants syndicaux.
A quoi joue la SNCF, si ce n’est d’essayer de jouer la montre pour que les affaires se tassent rapidement, sans que la nouvelle image que les dirigeants essayent de donner à l’entreprise après la réforme ferroviaire, ne soit trop entachée ? Car oui la SNCF a besoin d’avancer sans bruit, jusqu’à cette ouverture à la concurrence qu’elle attend de ses vœux et qu’elle prépare à coups de pression sur la productivité des agents (avec notamment ses projets de fermeture de technicentres, de rachat de lignes par sa filiale privée Transkeo, la fusion des établissements voyageurs, la suppression des agents d’accompagnement, etc.)
Pour reprendre la conclusion d’Audrey Vernon à l’adresse des cheminots : « C’est vous qui faites tourner le monde, s’il vous plait continuez ! Arrêtez de vous suicider ! »

mardi 21 mars 2017

25 évêques n'ont pas dénoncé à la justice 32 auteurs d'abus sexuels

Selon Mediapart, 25 évêques n'ont pas dénoncé à la justice 32 auteurs d'abus sexuels

Geoffroy Clavel
Le Huffington Post
Selon Mediapart, 25 évêques n'ont pas dénoncé à la justice 32 auteurs d'abus sexuels
SCANDALE - L'Eglise catholique sur le banc des accusés. 25 évêques, dont cinq sont toujours en poste, n'ont pas dénoncé à la justice 32 auteurs d'abus sexuels, religieux ou laïcs, faisant 339 victimes présumées, selon des informations dévoilées par Mediapart.
Ces faits, recoupés au terme d'une année d'enquête du collectif de journalistes indépendants We Report s'appuyant sur des documents judiciaires, des témoignages recoupés et des aveux, remontent jusqu'aux années 60. Si certains faits sont anciens, la moitié des 32 cas recensés concernent des faits établis après 2000, assure encore Mediapart qui décrit par le menu les mutations des prêtres ou religieux incriminés.
Selon le site, la "majorité des agresseurs ont été par la suite inquiétés par la justice, condamnés, placés sous enquête préliminaire, ou font l'objet d'un mandat d'arrêt ou d'une mise en examen pour les affaires en cours". Mais un nombre conséquent d'évêques, dont le cardinal Barbarin, auraient eu connaissance d'un ou plusieurs crimes sans saisir la justice, en violation de la loi.
L'exception qui confirme la règle du secret du confessionnal
En France, la justice reconnaît le secret de la confession en tant que secret professionnel comme le secret médical, à l'exception des maltraitances et atteintes sexuelles sur mineurs. S'agissant du droit canonique, les théologiens s'accordent sur le principe que le secret du confessionnal est inviolable mais ne doit pas conduire à couvrir des faits particulièrement graves.
En 2003, les évêques français publiaient un livret baptisé "Lutter contre la pédophilie, repères pour les éducateurs". Ce dernier réaffirmait l'inviolabilité du confessionnal tout en précisant: "un prêtre qui reçoit les confidences de l'auteur d'un crime ou d'un délit doit tout mettre en oeuvre pour que celui-ci assume ses responsabilités tant à l'égard de la victime qu'à l'égard de la société, et se confie donc à la justice".
En cas de doute, un prêtre ayant recueilli des confession