mardi 17 avril 2018

L'estaca

"Si estirem tots, ella caurà
Si nous tirons tous, il tombera
I molt de temps no pot durar
Cela ne peut durer plus longtemps
Segur que tomba, tomba, tomba
C'est sûr il tombera, tombera, tombera...
  
Abandon de l'aéroport de NDDL = une première Victoire !
Relaxe des mis en cause de Tarnac = une 2ème Victoire !
Convergence des luttes en cours...Vers une autre Victoire ?
Oui si nous tirons tous de tous les côtés...
  
...Si tu l'estires fort per acqui
Si tu le tires fort par ici
I jo l'estiro fort per alla
Et que je le tire fort par là
Segur que tomba, tomba, tomba,
C'est sûr, il tombera, tombera, tombera,
I ens podrem alliberar.
Et nous pourrons nous libérer."  (L'estaca)

mardi 10 avril 2018

SUR LE PROJET DE LOI « ASILE ET IMMIGRATION »


Vidéos du colloque « Pour l’asile, une autre politique de l’immigration est possible » (Paris 8, lundi 5 mars), par Doc du Réel.

Doc du réel - paru dans lundimatin#138, le 19 mars 2018
À l’heure où vont s’engager les débats parlementaires sur le projet de loi Asile et Immigration, et alors que des exilé.e.s et leurs soutiens occupentdes salles dans notre université depuis un mois, nous, chercheuses et chercheurs, étudiantes et étudiants de l’Université Paris 8, ne pouvons plus ignorer que la politique d’immigration menée en France et en Europe nous concerne directement – non seulement les étrangères et étrangers parmi nous, de plus en plus victimes d’un véritable harcèlement d’État, mais plus généralement toute la société qui vit au rythme des rétentions, des expulsions, et de la pénalisation des gestes de solidarité.
LES VIDÉOS
Pour l’asile, une autre politique d’immigration est possible
1re partie : POUR L’ASILE, 38 mins
Avec : Éric Fassin, Valérie Thomas (BAD), Nadia Yala Kisukidi, Nacira Guénif,
Diabaté, des étudiants sans-papiers, Alfidel, Michel Agier, Nicolas Jounin,
Youssif, le collectif des exilé.e.s de Paris 8
2e partie : Le projet de loi « Asile / Immigration », 21 min
Avec : Karine Parrot (GISTI), Virginie Dusen (avocate en grève), Alfidel,
Léo Berthe et Nathan Sautreuil (rapporteurs CNDA)

PRÉSENTATION DE L’ÉVÈNEMENT

Le pire ne serait-il pas de finir par s’y habituer, voire de trouver normal ce qui se passe au « pays des droits de l’homme » ? « Passer quoiqu’il en coûte » nous avertissaient Georges Didi-Huberman et Niki Giannari. Car leur passage, c’est aussi le nôtre.
La continuité des politiques d’immigration, quel que soit le gouvernement, et leur durcissement progressif, finit par imposer l’idée que l’alternance n’ouvre pas d’alternative : le prétendu réalisme, tant politique qu’économique, ne laisserait pas le choix. Autrement dit, l’immigration n’apparaît plus guère comme un fait indéniable et un enjeu politique ; ce serait juste un « problème » à gérer.
Pourtant, elle renvoie bel et bien à une politique, celle que mène un État à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières. Cette politique n’a rien d’inéluctable, puisqu’elle procède d’un choix : les parlementaires en sont donc responsables et ils en seront tenus comptables.
Au lieu de nous résigner, nous voulons saisir la double occasion de ce projet de loi et de cette occupation, au plus près de nous dans le temps et dans l’espace, pour rappeler qu’il s’agit bien de politique – d’enjeux, d’alternatives et de choix.
Bref, une autre politique d’immigration est possible.
Pour en parler, des chercheuses et chercheurs, des militantes et militants, mais aussi les personnes directement concernées, et d’autres encore, interviendront lors d’une soirée lundi 5 mars, de 18h à 21h, dans l’amphithéâtre D001 à Paris-8.
Ces réflexions communes sont ouvertes à toutes et tous, parce qu’elles nous concernent toutes et tous. Réfléchir pour agir dans notre société, en particulier là où c’est le moins facile, ce pourrait être une définition de la mission de l’université ; en tout cas, c’est celle que, face à une actualité qui nous bouscule, nous revendiquons.
Cet évènement est soutenu par : des enseignant-e-s de l’université Paris 8, Solidaires Étudiants Paris 8, des militant-e-s soutenant l’occupation des exilé-e-s à Paris 8, RUSF (Paris 8).

POLÉMIQUE

Lors de ce colloque, une polémique a surgit au sein des organisateurs au sujet de la participation de certains agents de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA). À ce titre, un tract d’opposition a été distribué lors de l’évènement. En effet, la CNDA est considérée comme le dernier rouage de la machine à expulser. Dans le milieu juridique plusieurs actants sont en grève depuis le 13 février 2018, pour s’opposer au nouveau projet de loi « asile-immigration » enregistrée à l’Assemblée nationale le 21 février 2018 « pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif ». Selon les grévistes, cette loi ne fera qu’accélérer les procédures d’expulsions. Les intervenants de la CNDA invités sont donc en grève et portent un regard critique sur cette institution et c’est à ce titre que les organisateurs et organisatrices de ce meeting ont estimé leurs témoignages intéressants.

Rim Banna et la guerre culturelle que les Palestiniens doivent gagner

Rim Banna et la guerre culturelle que les Palestiniens doivent gagner


Rim Banna s’est éteinte à l’âge de 51 ans. Sa mort le 24 mars, après une bataille de dix ans contre le cancer, a endeuillé les Palestiniens partout dans le monde.
Rim, la palestinienne chrétienne de Nazareth, a uni le peuple palestinien au delà les divisions politiques et géographiques.
Quand elle chantait pour la terre natale, seule la Palestine comptait. Chrétiens et musulmans, Fatah et Hamas, Gaza et Ramallah, tous devenaient un.
Sa voix chaude qui sortait de l’âme, racontait le déchirement et célébrait la vie. Ses chansons « Fares Odeh » et « Sarah » étaient l’écho poétique des précieuses vies des jeunes Palestiniens, fauchées trop tôt par les soldats israéliens.
« Le papillon te portera jusqu’au dos d’un nuage
La gazelle courra avec toi jusqu’au creux du sycomore 
L’odeur du pain t’emportera, martyr, vers le sein maternel
L’étoile lui dit, emmène-moi dans la cours de ma maison
Ramène-moi vers le lit de mon sommeil
La torpeur a gravi mes membres 
Elle occupe, les jambes croisées, le creux de ma tête »
La musique unit les Palestiniens alors que les politiciens ont failli. Pendant des années les appels collectifs pour « l’unité palestinienne » sont restés lettre morte mais la musique palestinienne a continué à rapprocher les Palestiniens.
C’est la culture palestinienne profondément enracinée qui fait des Palestiniens ce qu’ils sont, un peuple avec une identité unique et claire, malgré 70 ans d’exil, de nettoyage ethnique, de sièges, de nombreuses frontières et d’exécutions arbitraires.
Et quand Rim chantait, sa voix traversait les murs prétendument imprenables de l’apartheid, les checkpoints, les couvre-feux militaires et les distances infranchissables.
C’est lors de la première Intifada (soulèvement populaire) de 1987 que Rim a pénétré les cœurs et les maisons de beaucoup de Palestiniens ; d’abord en Palestine et, finalement, dans le monde entier. Sa voix, douce et rassurante, a apporté l’espoir à ceux qui vivaient sous l’implacable offensive israélienne qui dure depuis 7 ans. Les manœuvres israéliennes ont alors voulu briser l’esprit de rébellion du peuple palestinien.
La musique de Rim a offert des interprétations nouvelles et modernes des chansons traditionnelles palestiniennes, mais sans effacer l’identité historique et culturelle de cette musique.
Sa musique appartient au genre musical palestinien, une forme d’art centrée sur la nation et la culture, visant à réintroduire – et parfois réinventer – le passé de façon à mieux s’en rapprocher.
Alors qu’Israël fait tout son possible pour nier et effacer la culture palestinienne, des icônes culturelles comme Rim Banna mais également Reem Kelani, Kamilya Jubran et Shadia Mansour, ainsi que d’autres, ont réaffirmé la culture palestinienne, et donc l’identité palestinienne, autour du globe.
Bien que cette forme de résistance soit rarement médiatisée, la résistance culturelle est dans le cœur de la lutte pour la liberté des Palestiniens.
Le penseur italien Antonio Gramsci, emprisonné à l’époque de l’Italie fasciste pendant une grande partie de sa vie, surtout pour ses idées sur la résistance culturelle, nous a mis en garde contre l’hégémonie culturelle qui est l’ennemi autant que la dictature pure et dure.
Les Palestiniens luttent contre l’hégémonie culturelle, non pas en tant qu’idée théorique, mais en tant que réalité quotidienne.
Israël a passé des décennies à lancer et perfectionner sa guerre culturelle contre les Palestiniens, visant à éradiquer leur culture tout en imposant ses propres alternatives culturelles.
Curieusement, la plus grande partie de ce qu’Israël qualifie de culture israélienne, est en fait, la culture même palestinienne et arabe, elle couvre des millénaires d’existence ; de la nourriture à la musique, à la mode et tout le reste, la marque « Israël » est essentiellement une marque palestinienne et arabe, volée et rebaptisée.
Cependant, contrairement aux guerres militaires et politiques, les guerres culturelles sont souvent invisibles et graduelles. Pendant que le gouvernement israélien remplace les noms de rues arabes par des noms hébreux et interdit la commémoration de la Nakba – la destruction de la patrie palestinienne en 1947-1948 – il vise également à briser complètement l’unité de la culture palestinienne.
Historiquement, les premiers sionistes ont répandu la fausse idée que la Palestine était une terre sans peuple et que les natifs de cette terre étaient des nomades, des passants, sans racines culturelles, sans identité et donc sans aspirations politiques collectives.
Une telle propagande était essentielle pour promouvoir l’idée d’un État juif en Palestine. Les prétendus « nomades » qui existaient en Palestine ont finalement évolué pour devenir le « problème des réfugiés. » A ce jour, les sionistes et leurs soutiens de droite continuent d’encourager l’idée cruelle que les Palestiniens sont un « peuple inventé ».
Ainsi, lorsque Rim Banna, Reem Kelani, Mohammed Assaf et beaucoup d’autres – rejoints par des poètes, des artistes et d’autres guerriers de la culture palestinienne – célèbrent les traditions, la musique et la culture de leur peuple, ils se battent en première ligne contre un violent discours sioniste, dont le but depuis un siècle est l’effacement total de la Palestine.
Dans sa musique, Rim se battait contre les tentatives israéliennes de dépossession culturelle du peuple palestinien, tout en humanisant les Fares, Sarah et tant d’autres. 
C’est pourquoi beaucoup de palestiniens l’ont pleurée lorsqu’elle s’est éteinte ; c’est aussi pourquoi des millions ont pleuré des larmes de joie lorsque Mohammad Assaf – un réfugié de Gaza – a gagné la compétition « Arab idol » en 2013.
Ce n’est pas seulement parce que Mohammad a une belle voix et qu’il méritait de gagner, mais à cause de ce que cette voix tonitruante et affirmée, ses paroles et, bien sûr, le chanteur lui-même symbolisaient.
Assaf est un réfugié de Gaza. Sa famille a été chassée de la Palestine historique durant la violente campagne de nettoyage ethnique sioniste de 1947-1948. Il est né dans le « shattat » (diaspora) et il est ensuite retourné à Gaza, pour vivre sous le siège hermétique israélien. Il a brisé le siège pour participer à la compétition.
Quand Assaf a chanté, des millions l’ont regardé émerveillés car il a démoli avec talent tous les murs, il a effacé les checkpoints et il a réduit toutes les distances. Soudain, Gaza, Ramallah, Nazareth, Haïfa étaient de nouveau unies. Ceux de la diaspora étaient rentrés. La patrie est redevenue une.
Rim a aussi offert cette symbolique aux multiples couches, qui supplante la politique et la géographie dans un univers où la nation palestinienne est composée d’une culture partagée, de deuil, de résistance, de poésie et d’espoir.
Rim a disparu, mais la génération d’artistes qu’elle a patiemment nourrie continuera de chanter, de célébrer la culture et la civilisation qui ne peuvent être domptées par les armes ni emprisonnées par des murs.
Rim Banna était la voix de la Palestine qu’on ne taira jamais.

https://www.counterpunch.org/2018/04/04/rim-banna-and-the-cultural-war-that-palestinians-must-win/


lundi 5 mars 2018

Au Vatican, "des nonnes travaillent comme des esclaves pour le compte de certains prélats"

Halte à l'exploitation de la femme catholique par le patronat vaticanesque ! Dire qu'elles sont obligées de se couvrir de corps de draps noirs volés au black block, tenues d'être voilées comme de vilaines mécréantes musulmanes !!!

De trop nombreuses religieuses, qui effectuent le ménage ou des tâches subalternes pour le compte de cardinaux, d'évêques et de paroisses locales travaillent dans des conditions proches de l'esclavage, rapporte jeudi l'Osservatore Romano. L'information publiée par le quotidien officiel du Vatican s'inscrit dans le cadre du mouvement de lutte contre les violences faites aux femmes qui a pris naissance à Hollywood (#MeToo, ndlr.) et qui a désormais largement dépassé les frontières de l'industrie cinématographique. Certaines religieuses se lèvent bien avant l'aube pour préparer le petit-déjeuner de hauts prélats et ne vont se coucher "qu'une fois le repas du soir servi, la maison rangée et la lessive et le repassage faits", poursuit le quotidien qui cite soeur Mary qui a recueilli nombre de ces récits.
> > "Les nonnes ne disposent pas dans cette sorte de 'servitude' d'heures de travail fixes à l'inverse des travailleurs ses cul liés et leur salaire est arbitraire et souvent très modeste", ajoute la religieuse. "Tout cela nourrit chez certaines un fort sentiment de rébellion interne."
> > Une autre religieuse, soeur Paule, raconte au journal que les compétences et les ambitions de ces nonnes sont souvent niées.
> > "Je connais des religieuses qui sont docteurs en théologie et qui ont été envoyées du jour au lendemain faire la cuisine ou la lessive", poursuit soeur Paule. "Derrière tout cela se cache l'idée qu'une femme vaut moins qu'un homme et en particulier dans l'Eglise catholique qu'un prêtre est tout et une nonne rien", ajoute la religieuse.
> > Le pape François s'est engagé à accorder plus de place aux femmes au sein de l'Eglise catholique. Il a ainsi mis sur pied au début du mois d'août 2016 une commission chargée d'étudier le diaconat féminin dans le christianisme primitif. L'accès à la prêtrise reste toutefois exclu pour les femmes.